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Lieu
Eglise Saint Louis, Grenoble

Homélie du lundi 8 juillet 2019, lundi de la 14e semaine du temps ordinaire, année C.

Messe célébrée à Grenoble en l’église saint Louis, par le Père Patrick Gaso, curé.

Évangile selon saint Matthieu 9, 18-26. Livre de la Genèse 28, 10-22a. Psaume 90.

 

La maladie, la mort, sont des événements malheureusement quotidiens de notre vie, et nous le savons bien !

La mission de Jésus embrasse tous les moments de notre vie, y compris les plus douloureux : Il vient nous guérir - autant que possible -, mais aussi nous sauver : nous sauver par miséricorde, de la mort pour nous donner la Vie éternelle. Soyons déjà assurés, qu’en cette humanité qui est la nôtre, Jésus agit avec puissance.

Nous venons d’entendre un seul récit, mais deux exemples de la miséricorde du Sauveur :

- Un notable s’approche de Jésus et se prosterne devant Lui. Il intercède pour son enfant : “Ma fille est morte à l’instant, Mais viens lui imposer les mains et elle vivra.“

- La femme au flux de sang s’approche du Maître, par-derrière, sans rien dire ; elle touche seulement la frange de son manteau, et c’est Jésus qui s’adresse à elle. En se retournant, Il lui dit : “Confiance ma fille ! Ta foi t’as sauvée.“

Vous pouvez remarquer que les modalités sont différentes, mais c’est toujours la même miséricorde que Jésus met en œuvre.

Pour peu que nous y soyons attentifs, cette miséricorde se vérifie également dans notre vie.

  • Tantôt notre foi se montre hardie, et nous osons parler à Jésus. Nous avons cette audace parce que nous pensons que notre demande est juste.
  • Tantôt notre foi reste plus timide, peut-être un peu épuisée. Nous ne trouvons pas les mots pour dire à Jésus notre confiance, mais, comme la femme de l’évangile, nous les disons en nous-mêmes, et finalement, ce sont nos gestes qui parlent pour nous.
  • Tantôt enfin, le Seigneur agit seul, comme s’il faisait lui-même les demandes et les réponses. Nous sentons qu’une force nous relève, sans aucun mérite de notre part. Nous expérimentons l’amour du Sauveur, la puissance de sa main. À ces moments-là, nous pouvons ressentir qu’il y a eu un avant et un après. Quelque chose a bougé, quelque chose a changé.

Dans ces moments de pure grâce, il nous faut oser dire : « Quelqu’un a imploré pour moi, a prié pour moi. Je ne sais pas qui, mais quelqu’un a supplié pour ma guérison, ma conversion. »

C’est un peu comme pour cette adolescente pour laquelle son père espère, qu’en venant voir Jésus, elle aura la vie, à nouveau.

Sans doute qu’au ciel, nous serons surpris de comprendre la force, la puissance de la prière et des intercessions, de celles et ceux qui ont intercédé pour moi et aussi, de moi-même pour les autres. J’espère qu’au Paradis, nous prendrons conscience des prières de ceux qui ont prié pour moi, sans même le savoir.

Je complète cette réflexion par un dernier point, au sujet de cette femme qui souffre d’hémorragie ; elle est à la fois désespérée et audacieuse ; elle n’ose pas se présenter à Jésus de face, mais elle s’approche de Lui, timidement, par-derrière. 

Est-ce de la timidité ou de la peur ? Finalement, elle se retrouve sur le devant de la scène. Elle était venue en souhaitant sa guérison, mais la Parole du Christ dépasse son espérance en chassant aussi la peur et la honte qui étaient les siennes. En touchant le vêtement du Christ, cette femme est invitée à témoigner d’une guérison encore plus grande : son Salut !

Peut-être pouvons-nous entendre, pour nous, une invitation à témoigner de ce que Dieu fait dans notre vie ? Témoigner autour de nous, lors d’une rencontre du groupe de prière, témoigner au cours d’une eucharistie… 

Je ne peux pas taire ce que le Seigneur fait pour moi !

Chers frères et sœurs, approchons-nous du Seigneur de la Vie, avec l’audace que l’Esprit Saint met en nos cœurs, en notre intelligence ! Osons implorer pour ceux que nous aimons et aussi pour tous ceux avec lesquels notre relation est plus difficile !

Osons, pour nous-mêmes, toucher la frange du manteau de gloire de Jésus !

Osons garder dans notre main, la main du Christ, qui, j’en suis certain, plusieurs fois dans notre vie, nous a relevés !

Demandons cette grâce et cette audace pour chacun de nous, ce matin !

Ainsi soit-il !