Homélie du mercredi 24 octobre 2018 - 29e semaine du temps ordinaire. Année B

Je ne sais pas comment vous “fonctionner“ mais, moi-même, lorsque je me lève le matin, j’ai parfois de drôles d’idées ! C’est ce qui est arrivé ce matin en me levant ; j’avais en tête cette question : le Seigneur va-t-il venir aujourd’hui ? Il faut dire qu’en me couchant, j’avais relu une dernière fois l’évangile (durant la nuit, le cerveau travaille…). Au lever, je me posais donc ces questions : est-ce que c’est le jour du Seigneur ? Est-ce que je verrai mon Seigneur face à face ?

Qui d’entre nous, ce matin, s’est levé en se disant que c’est peut-être aujourd’hui que le Seigneur va venir ? Pourtant, nous l’attendons bien ce Seigneur !

Au moins chaque dimanche, si ce n’est plusieurs fois par semaine, nous le chantons quand nous répondons au prêtre qui nous dit : « Il est grand le mystère de la foi ! » Nous répondons : « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus. Nous célébrons ta résurrection ! Nous attendons ta venue dans la gloire. »

Avons-nous conscience de ce que nous chantons ou de ce que nous disons ? Nous attendons ta venue dans la gloire ; c’est-à-dire que tout notre être de chrétien est tendu dans cette attente, dans cette espérance ! Au fond de nous, nous la désirons ardemment et nous croyons que le Christ viendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts. Mais spontanément, peut-être répondons-nous aujourd’hui : « Oh, pas tout de suite Seigneur ! Attends encore un peu ! Pas maintenant !»

  • Pourtant, chaque jour nous rapproche de cette heure qu’il ne nous appartient pas de connaître.
  • Pourtant, nous devrions être prêt à accueillir notre Seigneur à tout instant. 

    Nous savons que le Seigneur connaît bien le cœur de l’homme et il sait combien nous sommes éparpillés dans les multiples préoccupations qui nous sollicitent sans cesse. Même si nous sommes conscients intellectuellement que la venue définitive du Seigneur constitue l’événement vers lequel toute notre histoire et celle de l’humanité convergent, il est certain que nous nous ferons néanmoins surprendre car : “C’est à l’heure où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas. “ C’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. D’où la nécessité de se tenir prêt !

    La question de Pierre est intéressante : “Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien est-ce pour tous ?“ Peut-être Pierre pense-t-il qu’ils ont tout donné pour suivre Jésus ; « Nous t’avons déjà donné notre vie, notre avenir : est-ce vraiment pour nous que tu dis cela ou est-ce pour les autres ? »

    Jésus répond : « Non ! C’est bien pour toi. C’est pour celles et ceux qui se sont donnés, qui se donnent chaque jour ! »

    Alors, frères et sœurs, comment faire pour vivre cette attente ?

    Tout d’abord, ne nous angoissons pas dans une fièvre stérile car je connais quelques personnes qui s’angoissent ou même qui sont saisis par la peur. D’autres peuvent craindre de ne pas être suffisamment bien, suffisamment parfaits ; c’est vrai, mais ça, le Seigneur le sait ! Cependant : « N’ayez pas peur ! » Le pire serait d’attendre sans rien faire, prenant l’attitude du schtroumpf grognon pensant que tout est foutu…

    Non ! Confiance nous dit le Seigneur. Confiance !

    Je suis certain comme nous le dit le psalmiste avec assurance : “ J’ai confiance, je n’ai plus de crainte. Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut.“ Et encore, notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

    Forts de cette certitude, n’oublions pas pour autant que c’est dans l’aujourd’hui de notre vie que le Seigneur veut nous trouver lorsqu’Il viendra. Nous sommes invités à vivre intensément chaque jour comme s’il était peut-être le dernier mais à accomplir en même temps nos tâches quotidiennes paisiblement, en nous donnant vraiment à celles et ceux que nous rencontrons, en étant vraiment impliqués dans notre société, dans l’Église, en assumant pleinement nos responsabilités familiales, professionnelles, sociales, fraternelles, en ayant le souci de nous former sans cesse pour pouvoir discerner, en gardant cette conscience vive que nous ne sommes finalement que les intendants d’un Maître qui peut survenir à chaque instant et à qui il nous faudra rendre compte.

    Frères et sœurs nous avons beaucoup reçu ; en avons-nous réellement conscience ?

    Nous connaissons la volonté de Dieu ; cette volonté est enthousiasmante : être avec Lui pour toujours !

    N’ayons pas peur ! Bien au contraire, soyons dans la joie, car un jour nous Le verrons face à face !

    Ainsi soit-il !