Saint Thomas
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Lieu
Saint Louis, Grenoble

Homélie du mercredi 3 juillet 2019, fête de saint Thomas, Temps ordinaire, année C.

Messe célébrée à Grenoble en l’église saint Louis, par le Père Patrick Gaso, curé.

Évangile selon saint Jean 20, 24-29. Lettre aux Éphésiens 2, 19-22. Psaume 116.

 

Voici un évangile que nous connaissons bien ; nous sommes bien sûr, après la mort et la résurrection de Jésus, entre le premier dimanche (le jour de Pâques) et le dimanche suivant.

Cet évangile nous rappelle qu’il nous arrive parfois de manquer de courage et de persévérance ; souvent même, la foi que nous avons reçue au jour de notre baptême, cette foi qui est un don, fait un peu le “yoyo“, avec des hauts et des bas. Parfois, nous sommes au « top », et puis, dès qu’il y a un petit souci, une difficulté, nous nous décourageons vite et nous manquons de fidélité et de courage.

Qui d’entre nous n’a pas vécu, sous une forme on une autre, un peu comme saint Thomas, une foi soumise à des conditions : « Oui, mais…  Oui, mais si…» Nous avons envie de croire, mais souvent, parce que nous nous décourageons vite, nous réclamons des preuves plus tangibles ; souvent même je vais m’arrêter très vite en chemin, alors que Thomas, lui, va persévérer et demander : « Seigneur, je veux Te toucher ! »

Pourtant, c’est dans ces moments un peu difficiles de notre foi ou de notre vie, que notre réflexe devrait être celui-ci : « Seigneur, viens au secours de mes doutes ! Viens au secours de mon manque de foi ! »Cette prière devrait être spontanée, tellement nous savons que nous en avons besoin.

Du coup, en réfléchissant sur l’évangile de ce matin, je me suis posé deux questions, deux réflexions que je vous livre.

- Première réflexion :que nous le voulions ou non, nous sommes blessés par la vie. Bien souvent, notre vie qui est un don et un cadeau, notre peut-être le lieu d’épreuves. Nous sommes parfois blessés à travers ce que nous vivons, mais nous nous blessons, nous-mêmes, dans nos manques de confiance, par notre péché, par nos peurs. Nous sommes particulièrement meurtries par la mort ! L’idée même de la souffrance et de la mort nous bouleverse et nous offense, parce que nous savons, au fond de nous-mêmes, que nous sommes faits pour la vie !

C’est alors, dans ces moments de tristesse, que le Christ devrait toujours nous étonner et nous surprendre par sa puissance. À qui sait le voir et le comprendre, la puissance de Dieu est toujours active au cours de notre vie ! Quelles que soient les situations, la puissance de Dieu est toujours présente et efficace dans notre monde, même s’il va cahin-caha. Parfois, dans des situations complexes et qui nous semblaient sans avenirs, nous avons trouvé des solutions… la providence était là, la main de Dieu était présente et, ces situations qui nous paraissaient sans issue, se sont débloquées ; encore faut-il le voir, en faire mémoire et savoir en rendre grâce !

Saint Thomas, dans son désir de vouloir toucher l’humanité du Corps ressuscité de Jésus est un témoin de la puissance du Christ, malgré les questions qu’il pose !

Nous aussi, nous devons être des témoins de la puissance agissante de Dieu dans notre vie. Osons en témoigner !

- Deuxième réflexion :notre foi n’est pas une illusion ! Elle est réelle ! C’est un cadeau reçu le jour de notre baptême, renouvelé lors de notre confirmation. Chaque jour où nous participons dans la foi à l’eucharistie, nous recevons, (et c’est une certitude) le Corps du Christ. Ainsi, nous touchons sa réalité, chaque jour aussi, à travers le témoignage de vie des chrétiens authentiques qui nous entourent. 

Nous faisons cette expérience aussi dans la réception des sacrements. Il est toujours important de comprendre que nous ne suivons pas un homme mort, mais Le Ressuscité ; osons le dire ! 

L’Esprit Saint continue son œuvre dans le monde. Il nous fait comprendre que le Christ est toujours vivant, toujours actif dans l’histoire, dans notre histoire, dans notre vie. La mort et le Mal ne l’empêchent pas d’agir ; l’Église est construite sur la solidité de cette expérience du Christ ressuscité.

Les Apôtres et les saints nous prouvent que nous construisons vraiment sur le roc. Chaque jour, je, (c’est-à-dire chacun de nous) peux rendre grâce pour tout cela et demander dans ma prière que ma foi grandisse.

Voilà, frères et sœurs, les deux réflexions que je souhaite partager avec vous, ce matin, pour que nous puissions, tous ensemble, entrer dans une prière d’Action de grâce.

Rendons grâce, Seigneur, pour les signes de Ta résurrection, dans l’Église, dans ma vie professionnelle, dans ma famille, dans toutes mes relations ! Aide-nous à voir Ta puissance agissante au cœur de ce monde !

En ce matin, je veux vraiment renouveler ma foi en Toi, et oser redire :

Oui Seigneur, Tu es mon Dieu et mon roc !                                                  Ainsi soit-il !