Homélie du lundi 22 juillet 2019, sainte Marie-Madeleine, année C.

Messe célébrée à Grenoble en l’église saint Louis, par le Père Patrick Gaso, curé.

Évangile selon saint Jean 20, 1-11.18. Livre de la Genèse 18, 1-10a. Psaume 62.

Lettre de saint Paul aux Colossiens 1, 24-28.

Dans quel état d’esprit se trouve Marie-Madeleine ?

Dans la douleur du deuil ! Elle est bouleversée, mais aussi surprise et désemparée !

Voilà dans quel état se trouve Marie de Magdala, à l’aube du matin de Pâques.

Elle est toute en larmes, tout près du tombeau. Elle tient dans ses mains les aromates qu’elle avait préparés, mais désormais inutiles ; le corps de Jésus n’est plus là… elle pleure, elle est frustrée, elle est surtout impuissante : elle ne peut plus aimer Jésus vivant, elle ne peut même pas l’honorer comme on le fait pour un mort.

Les pensées se bousculent vite dans sa tête, tout défile : la présence, le souvenir, la prière. C’était comme si tout cela lui était repris. Elle est là, toute remplie de son amour pour Jésus, mais elle a l’impression d’être venue pour rien…

En elle, il y a comme une colère désespérée qui gronde. “ Ils ont enlevé mon Seigneur. Je ne sais pas où on l’a déposé. “Où est-il ?

Pas un instant, Marie de Magdala ne pense que tous ces événements peuvent venir de Dieu. Non ! Elle perd toutes ses forces à chercher des coupables : qui l’a pris ?

À force de se crisper sur son impuissance à trouver son Maître, elle en vient même à perdre toute intuition et toute lucidité. Elle demeure en quelque sorte comme aveugle, alors même que Jésus se donne à voir, Lui “le Vivant“.

Marie-Madeleine est-elle un cas isolé ? Non ! L’épreuve qu’elle vit est aussi la nôtre à certains moments de notre vie. La fixation de notre regard sur nos chagrins, notre tristesse, notre douleur, notre incompréhension sur les événements de notre existence… notre colère, tous ces sentiments nous font oublier la présence extraordinaire du Ressuscité. Au cœur de notre vie, Il est là, présent, mais nous ne Le voyons pas ! Comme Marie-Madeleine, nous avons du mal à Le voir, nous avons du mal à espérer.

Pourtant, Marie-Madeleine, au fond d’elle-même, garde une vraie espérance ; il suffit que Jésus lui dise : “Marie ! “,pour qu’immédiatement, elle retrouve les réflexes d’autrefois et lui dise : “Rabbouni ! “c’est-à-dire : Maître. Jésus reprend la parole pour ajouter aussitôt : “Ne me retiens pas…“, littéralement : « Ne cherche pas à me retenir ; le passé n’est pas revenu et il sera tout autre maintenant : il me faut monter vers mon Père.

Jésus s’est fait reconnaître, manifestant ainsi son pouvoir, sa victoire sur la mort ; Il est le Ressuscité ! Sans attendre, Il donne à Marie-Madeleine, une mission d’Apôtre : “Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. “

Voilà la réponse de Jésus à la solitude de Marie-Madeleine :

un envoi et une mission personnelle.

Rendre témoignage au Ressuscité, c’est aussi la mission qui nous est confiée depuis notre baptême, par notre confirmation. C’est la mission que Jésus nous redonne chaque jour dans le cœur à cœur de l’eucharistie. Normalement, en sortant de la messe, nous devrions, nous aussi, être des apôtres ; oser dire à tous ceux que nous rencontrerons : « Le Christ est ressuscité ! Je l’ai rencontré, Il est vivant ! »

C’est cette rencontre personnelle du Christ, vivant et miséricordieux que nous vivons à chaque eucharistie.

Ce matin, osons fairedeux demandes :

  • La première est une Action de grâce pour toutes les Marie-Madeleine, celles du passé, celles que nous connaissons, toutes celles qui ont su, à travers les siècles, être les témoins aimantes de l’amour du Christ ; elles sont nombreuses !
  • Nous aussi, nous sommes, pour aujourd’hui, les témoins de Jésus et nous avons à accomplir la mission que Jésus nous confie : annoncer sa résurrection au monde.

Demandons simplement cela, et c’est déjà beaucoup, pour maintenant et rendons gloire à Dieu !

Ainsi soit-il !

homelies.net