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dimanche 20 septembre 2026

25e dimanche du temps ordinaire

Temps ordinaire·Année A·Chambéry·Père Patrick Gaso
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Chers amis, nous constatons que de nombreux jeunes et moins jeunes frappent, en ces temps, à la porte de l’Église. Comment devons-nous les accueillir ? Lors des rencontres que nous avons en paroisse, nous pourrions peut-être, nous tromper dans notre façon d’aborder la foi.

Régulièrement, parce que nous pouvons l’oublier, il faut rappeler que la Bonne Nouvelle que nous proclamons, que nous acclamons n’est pas d’abord une doctrine ni un enseignement : c’est une personne, la personne même de Jésus. C’est ce que saint Paul dit aux Chrétiens de la ville de Philippe (2e lecture) « En effet, pour moi, vivre c’est le Christ ! » Il nous faut les inviter à faire une rencontre essentielle !

Certes, la Bonne Nouvelle est aussi un message qui tente d’expliquer avec nos mots et notre compréhension, le Royaume de Dieu : c’est-à-dire notre devenir, ce pour quoi nous sommes créés : la vie Éternelle ! C’est un désir que chacun de nous porte en lui-même, mais sans vraiment comprendre ce qu’elle est.

C’est pourquoi, dans l’évangile, selon saint Matthieu et dans cette longue série de paraboles, nous entendons à chaque fois : « le Royaume de Dieu est comparable à… », ce qui revient à dire : voici comment nous pouvons comprendre, mieux connaître Dieu !

Comment faire ? En premier lieu et de façon surprenante, c’est par sa vie que le Christ nous montre qu’il est Dieu : depuis sa naissance dans la fragilité de la crèche, depuis son effacement à Nazareth et jusqu’à sa mort sur la Croix.

Ce dénuement, cette proximité de Dieu fait homme, est surprenante pour toutes les religions : c’est un scandale pour les Juifs et une folie pour les autres. Dans l’imaginaire des hommes, Dieu est un super-héros invincible, mais en aucun cas, un Dieu qui se fait mendiant de notre amour !

Cette compréhension est à compléter aussi par les paroles du Fils de Dieu ! Suivre Jésus nous permet de découvrir progressivement qui est son Père, qui est notre Père et comment l’Esprit Saint nous aide à comprendre tout cela !

Reprenons rapidement l’évangile très intéressant de jour, car c’est une étrange parabole ! Une surprenante justice qui peut nous faire bondir !

Si nous nous étions trouvés dans la file des ouvriers journaliers qui, ce soir-là, attendaient leur salaire, nous aurions sûrement grogné – et sans doute, moi le premier : "Regardez-moi ces resquilleurs ! Ils sont arrivés les derniers à la vigne, et ils sont payés les premiers et autant que nous !" (Peut-être avez-vous déjà vécu cette expérience d’être dans la file d’attente au supermarché, à la caisse…quelqu’un arrive et vous double ! Ou bien : imaginez une entreprise qui verrait arriver certains de ses employés à 17h et repartir, les premiers, à 18h !)

De plus, nous aurions probablement été blessés dans nos convictions égalitaires : "Ces derniers venus n'ont travaillé qu'une heure, et tu les traites comme nous, qui avons porté le poids du jour et la chaleur !" Imaginez, là aussi, la levée de boucliers des syndicats et les manifestations dans la rue ! Et sans doute, avec raison, criant le slogan : « À travail égal, salaire égal » !

Ne nous trompons pas, il ne s’agit pas, non plus, de remettre en question ce principe de la justice distributive, ni de laisser les chefs d’entreprise considérer les travailleurs comme de simples ‘unités de production’ ou de simples numéros ! Pour enrichir cette réflexion, je vous invite à lire ou relire les encycliques sur la position sociale de l’Église ! (Lire Léon XIII et Léon XIV : ‘Magnifique humanité’)

Finalement, dans cette parabole étonnante, quel est le sens des paroles de Jésus ? Que veut-il nous dire ? En réalité, ce qui est en question, c’est l’image que nous nous faisons de Dieu !

« Mes pensées ne sont pas vos pensées et mes chemins ne sont pas vos chemins », disait déjà le prophète Isaïe.

Littéralement, ce que nous pouvons dire au sujet de Dieu est au-delà de notre compréhension, au-delà de notre intelligence ! Il n’est pas possible d’enfermer Dieu dans nos concepts. Effectivement, dans le cas contraire, nous pourrions penser que Dieu est à la portée de notre raison et qu’il est une simple projection de nos idéaux.

Je le redis différemment pour être plus clair : c’est pourquoi Jésus, dans son enseignement, ne procède pas par des raisonnements logiques, mais par des images successives, volontairement étonnantes pour nous faire entrer dans la pensée divine.

Dans cette parabole, le propriétaire de la vigne obéit à deux logiques : la logique de la raison, et c'est la justice et la logique du cœur, et c'est le don.

Toutes deux sont nécessaires. Il nous faut, bien sûr, être juste. Mais, tout autant, il nous faut être bon. Il nous faut laisser parler sa tête autant que son cœur !

Pourquoi ? Dieu ne règle pas sa conduite sur une justice purement humaine. Il aime aussi les derniers venus, les retardataires, il aime les sans-mérites. Nous-mêmes, sommes-nous des ouvriers de l'aube ou des ouvriers de la 11e heure ?

Qui peut se vanter d'avoir été toujours fidèle ?

Qui peut se vanter d’avoir vraiment répondu à l’invitation de Dieu ?

L'important, c'est que nous reconnaissions Dieu comme celui qui, le premier, nous a aimés. Ceci nous permet de commencer à répondre à l'appel du prophète : « Cherchez Dieu » nous disait Isaïe dans la première lecture. Telle est la logique évangélique, la mission que nous recevons en communauté. Oui, Seigneur, avant de vouloir changer le monde, donne-moi le désir, que je change moi-même d’abord !

C’est la force que nous recevons entre frères et sœurs, par eux, en communauté, en Paroisse par leurs témoignages, leurs façons de prier. Comment témoigner ensemble ?

Seigneur, transforme mon regard sur toi et sur les autres, mets dans mon cœur ta bonté, mets dans mes mains un peu, beaucoup de ta générosité : « Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux ! ». C’est la grâce que nous pouvons demander pour chacun de nous ce matin !

Ainsi soit-il !

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