Lecture du livre du prophète Isaïe
« J’ai pris Cyrus par la main pour lui soumettre les nations »
Ainsi parle le Seigneur à son messie, à Cyrus,
qu’il a pris par la main
pour lui soumettre les nations et désarmer les rois,
pour lui ouvrir les portes à deux battants,
car aucune porte ne restera fermée :
« À cause de mon serviteur Jacob, d’Israël mon élu,
je t’ai appelé par ton nom,
je t’ai donné un titre,
alors que tu ne me connaissais pas.
Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre :
hors moi, pas de Dieu.
Je t’ai rendu puissant,
alors que tu ne me connaissais pas,
pour que l’on sache, de l’orient à l’occident,
qu’il n’y a rien en dehors de moi.
Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre. »
– Parole du Seigneur.
Refrain :
Rendez au Seigneur
la gloire et la puissance.
Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !
Il est grand, le Seigneur, hautement loué,
redoutable au-dessus de tous les dieux :
néant, tous les dieux des nations !
Lui, le Seigneur, a fait les cieux.
Rendez au Seigneur, familles des peuples,
rendez au Seigneur la gloire et la puissance,
rendez au Seigneur la gloire de son nom.
Apportez votre offrande, entrez dans ses parvis.
Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté :
tremblez devant lui, terre entière.
Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! »
Il gouverne les peuples avec droiture.
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens
« Nous nous souvenons de votre foi, de votre charité, de votre espérance »
Paul, Silvain et Timothée,
à l’Église de Thessalonique
qui est en Dieu le Père
et dans le Seigneur Jésus Christ.
À vous, la grâce et la paix.
À tout moment, nous rendons grâce à Dieu au sujet de vous tous,
en faisant mémoire de vous dans nos prières.
Sans cesse, nous nous souvenons
que votre foi est active,
que votre charité se donne de la peine,
que votre espérance tient bon
en notre Seigneur Jésus Christ,
en présence de Dieu notre Père.
Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu,
vous avez été choisis par lui.
En effet, notre annonce de l’Évangile
n’a pas été, chez vous, simple parole,
mais puissance, action de l’Esprit Saint, pleine certitude.
– Parole du Seigneur.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu »
Verset avant l'Évangile :
Alléluia. Alléluia.
Vous brillez comme des astres dans l’univers
en tenant ferme la parole de vie.
Alléluia.
En ce temps-là,
les pharisiens allèrent tenir conseil
pour prendre Jésus au piège
en le faisant parler.
Ils lui envoient leurs disciples,
accompagnés des partisans d’Hérode :
« Maître, lui disent-ils, nous le savons :
tu es toujours vrai
et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ;
tu ne te laisses influencer par personne,
car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens.
Alors, donne-nous ton avis :
Est-il permis, oui ou non,
de payer l’impôt à César, l’empereur ? »
Connaissant leur perversité, Jésus dit :
« Hypocrites !
pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
Montrez-moi la monnaie de l’impôt. »
Ils lui présentèrent une pièce d’un denier.
Il leur dit :
« Cette effigie et cette inscription,
de qui sont-elles ? »
Ils répondirent :
« De César. »
Alors il leur dit :
« Rendez donc à César ce qui est à César,
et à Dieu ce qui est à Dieu. »
– Acclamons la Parole de Dieu.
Homélie du dimanche 18 octobre 2026, 29e dimanche du temps ordinaire, année A.
Messe célébrée par le Père Patrick Gaso, église saint Pierre de Maché. Homélie non relue
Évangile selon saint Matthieu 22, 15-21. Livre du prophète Isaïe 45,1-4-6. Psaume 95.
Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens 1, 1-5b.
Chers amis, chers jeunes, avons-nous bien entendu et compris l’évangile qui vient d’être lu ? Cet évangile nous raconte le piège subtil que les pharisiens et les Hérodiens ont tendu à Jésus pour le faire condamner !
Le coup est bigrement intelligent ! Il s'agit d'amener Jésus à choisir entre deux opinions politiques opposées, qui chacune, pourraient le faire condamner à mort. La question semble innocente ; on lui demande : « Est-il permis ou non de payer l'impôt à César ? »
Si Jésus répond oui, les pharisiens crieront au scandale, puisque payer l'impôt à César, c'est en quelque sorte se montrer favorable à l'empire de Rome, et par conséquent et surtout, admettre la divinité de César.
Si, au contraire, Jésus répond que non, il ne faut pas payer l'impôt à l’empereur César, alors il devient un opposant politique. Très vite, les pharisiens seront les premiers à le dénoncer aux amis d'Hérode pour le faire condamner comme un rebelle à l'autorité occupante.
Jésus semble être habilement piégé ! Être un mauvais citoyen ou un citoyen sacrilège ! Mais, sa réponse est brillante, remarquable : « Hypocrites ! » dit Jésus : « Montrez-moi la monnaie de l'impôt. » dit-il.
Coupant court aux flatteries mensongères, il prend ses opposants en flagrant délit de contradiction, puisqu’ils portent sur eux la monnaie de l’impôt, portant l’effigie de l’Empereur, une monnaie impie. Autant dire qu’un juif pieux n’était pas supposé la posséder ! Souvenez-vous de la colère de Jésus au Temple ; il renverse les charrettes des changeurs, renvoie les animaux… Comme cette monnaie est impie, il était nécessaire qu’il y ait des changeurs dans la cour du Temple. Effectivement, l’argent romain était considéré comme idolâtrique et ne pouvait pas entrer dans le Temple.
La réponse de Jésus retentit et surprend encore aujourd’hui : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Étonnante et remarquable réponse : le piège tendu n'a pas fonctionné.
De fait, selon son habitude, Jésus ne répond pas à la question posée ! Il fait beaucoup mieux. Il la transforme, interpelle et en fait comprendre les conséquences. Littéralement, il fait travailler notre intelligence pour que notre réponse soit à son image : juste, consciente, intelligente.
L’enjeu véritable est que tout en étant du monde, et en même temps, de passage en ce monde, (nous sommes des pèlerins sur cette terre, en marche vers le Ciel), à qui voulons-nous appartenir ? C’est la question de Jésus pour chacun de nous. À César (à tous les dieux d’aujourd’hui en notre monde) ou à Dieu, le Dieu véritable ?
Voilà la conversion que Jésus attend de chacun de nous.
L’homme est renvoyé à sa vraie nature, qui est d’être avec Dieu. C’est ce pourquoi nous sommes faits, ce pour quoi nous avons été créés : être avec Dieu, citoyens du Ciel ! Ne l’oublions pas !
Ces questions ne doivent pas nous laisser indifférents. N’avons-nous pas à y réfléchir et à choisir dans la mesure où elles ne s’opposent pas à notre conscience ? Le Pape Léon à Paris a eu cette formulation : « Ce qui est légal n’est pas forcément moral. »
Chers amis, êtes-vous conscients de ce que vous faites ?
Pour chacun de nous, il ne s’agit pas de rejeter le monde dans lequel nous vivons ; restons des passionnés de ce monde, car ce monde peut être magnifique (si nous sommes dans la solidarité, dans l’entraide réciproque comme des frères et sœurs), mais choisissons d’appartenir à Dieu !
C'est tout cela que nous enseigne, avec perspicacité et profondeur, la Parole de Dieu aujourd'hui.
Ainsi soit-il !