Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens
« Travaillez à votre salut, car c’est Dieu qui agit pour produire en vous la volonté et l’action »
Mes bien-aimés,
vous qui avez toujours obéi,
travaillez à votre salut
avec crainte et profond respect ;
ne le faites pas seulement quand je suis là,
mais encore bien plus maintenant que je n’y suis pas.
Car c’est Dieu qui agit
pour produire en vous la volonté et l’action,
selon son projet bienveillant.
Faites tout sans récriminer et sans discuter ;
ainsi vous serez irréprochables et purs,
vous qui êtes des enfants de Dieu sans tache
au milieu d’une génération tortueuse et pervertie
où vous brillez comme les astres dans l’univers,
en tenant ferme la parole de vie.
Alors je serai fier de vous
quand viendra le jour du Christ :
je n’aurai pas couru pour rien ni peiné pour rien.
Et si je dois verser mon sang
pour l’ajouter au sacrifice
que vous offrez à Dieu par votre foi,
je m’en réjouis et je partage votre joie à tous.
Et vous, de même, réjouissez-vous
et partagez ma joie.
– Parole du Seigneur.
Refrain :
Le Seigneur est ma lumière et mon salut.
Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?
J’ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté
et m’attacher à son temple.
J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage :
espère le Seigneur. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple »
Verset avant l'Évangile :
Alléluia. Alléluia.
Si l’on vous insulte pour le nom du Christ,
heureux êtes-vous :
l’Esprit de Dieu repose sur vous.
Alléluia.
En ce temps-là,
de grandes foules faisaient route avec Jésus ;
il se retourna et leur dit :
« Si quelqu’un vient à moi
sans me préférer à son père, sa mère, sa femme,
ses enfants, ses frères et sœurs,
et même à sa propre vie,
il ne peut pas être mon disciple.
Celui qui ne porte pas sa croix
pour marcher à ma suite
ne peut pas être mon disciple.
Quel est celui d’entre vous
qui, voulant bâtir une tour,
ne commence par s’asseoir
pour calculer la dépense
et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ?
Car, si jamais il pose les fondations
et n’est pas capable d’achever,
tous ceux qui le verront vont se moquer de lui :
“Voilà un homme qui a commencé à bâtir
et n’a pas été capable d’achever !”
Et quel est le roi
qui, partant en guerre contre un autre roi,
ne commence par s’asseoir
pour voir s’il peut, avec dix mille hommes,
affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ?
S’il ne le peut pas,
il envoie, pendant que l’autre est encore loin,
une délégation pour demander les conditions de paix.
Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas
à tout ce qui lui appartient
ne peut pas être mon disciple. »
– Acclamons la Parole de Dieu.
Mercredi 4 novembre 2026 – Cathédrale – Luc 14,25-33 (31° Semaine TO A)
Face à une foule nombreuse désireuse de marcher à sa suite, Jésus veut lever une ambiguïté sur « Comment être disciple » ? De nos jours beaucoup sont baptisés sans avoir saisi complètement ce que signifie être Chrétien et la radicalité de cet engagement. Il ne s’agit donc pas de ne pas aimer sa famille ni son devoir d’état ou les autres réalités de sa vie, mais de préférer le Christ en toute chose.
La péricope qu’il expose est tout à fait inédite ! Deux courtes paraboles qui sont enchâssées dans le texte comme pour piquer notre attention :
Au premier abord, ces deux paraboles semblent nous ramener à un bon sens terre à terre :
un promoteur commence à bâtir et ne dépasse pas le sous-sol ... Tant pis pour lui; il n'avait qu'à savoir compter!
Un roi d’opérette s'imagine venir à bout d'un ennemi deux fois mieux armé ... Tant pis pour lui; s'il a mal calculé, qu'il se dépêche de faire la paix !
« Quand on n'a pas assez, il faut faire avec ce qu'on a », ou encore, « il faut réfléchir à deux fois ! » :
La leçon semble évidente, transparente, voire banale.
Dans les deux cas, il ne s’agit, peut-être, non pas de renoncer, mais il s’agit de prendre les moyens de réussir. Comment ?
La phrase qu'ajoute Jésus transforme cette évidence en une interpellation pour notre intelligence ! « De même, celui d'entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple ». Cette conclusion peut nous paraître surprenante ! En réalité, aimer Dieu de toutes nos forces, devenir disciple de Jésus, ce n'est pas facultatif; c'est même la seule urgence de notre vie !
Avec cette remarque de Jésus, on change de niveau ! Le bon sens fait place à la folie des Béatitudes, à l'aventure de la foi. On met le sens, à l’endroit !
La question que nous pose Jésus, ce matin, est importante : « Comment être vraiment disciple ? » Quelle est notre réponse ?
Ainsi soit-il !